Discours du 14 juillet 2016

Mesdames, Messieurs, chers Compatriotes,

Je suis très heureux et honoré de vous accueillir à la Résidence de France pour la célébration de notre fête nationale.

C’est un 14 juillet particulier que nous fêtons aujourd’hui : en effet, lorsque Michel Flesch prononça son discours l’année dernière, je n’imaginais pas me retrouver aujourd’hui à sa place ; personne ne pouvait l’imaginer d’ailleurs, tant cette situation est inédite, pour dire le moins, dans les annales de la Diplomatie.
Et c’est un 14 juillet exceptionnel puisqu’en ce moment même se tiennent les réunions préparatoires au Sommet de l’Union africaine qui se déroulera les 17 et 18 juillet.

La France a une relation particulière avec l’Afrique. Elle tient à l’Histoire, à la proximité de nos peuples à la fois géographique, culturelle, humaine, linguistique, économique. Nous déduisons de cette proximité une responsabilité particulière, pour répondre aux enjeux de sécurité, de développement, climatiques et d’économie mondiale, avec un principe essentiel : l’Afrique aux Africains.
L’Afrique doit maîtriser pleinement son destin et, pour y parvenir, assurer par elle-même sa propre sécurité. Une Afrique stable et émergente est dans l’intérêt de tous. La France entretient donc un dialogue stratégique sur l’Afrique très régulier avec l’Union africaine et différents pays africains et apporte son soutien à la mise en place de capacités africaines d’intervention, ainsi qu’aux initiatives de l’Union africaine et des organisations sous-régionales sur les crises.

C’est dans cet esprit que la France est intervenue au Mali, à la demande des autorités maliennes, et en RCA, en appui des forces africaines de la MISCA sur mandat du conseil de sécurité des Nations-Unies.
Dans le bassin du Lac Tchad, ce sont les forces africaines qui sont en première ligne face à Boko Haram. La France, avec ses partenaires américains et britanniques, leur apporte son appui.
Ce partenariat entre la France et l’Afrique se confirme également à l’échelle internationale, par exemple sur les questions climatiques : initiative africaine sur les énergies renouvelables, projet de Grande muraille verte. Ainsi, durant la COP 21, l’Europe, la France et l’Afrique ont pesé, ensemble, pour qu’il y ait un accord climatique suffisamment ambitieux, qui tienne compte des besoins spécifiques de l’Afrique tant en termes d’adaptation que d’atténuation et de développement. A ce jour, 46 pays africains ont signé l’accord de Paris.

La France accompagne également les mutations politiques et socio-économiques de l’Afrique. Il y des principes fondamentaux auxquels nous sommes attachés : démocratie, alternance, respect des constitutions et à l’aune de ces principes, on constate que le Continent se démocratise ; il y a eu ces dernières années une série d’élections pacifiques, donnant lieu à des alternances ou permettant à certains pays d’achever avec succès leurs transitions démocratiques.
Des évolutions de fond sont perceptibles : proportion de jeunes en augmentation constante et au rôle croissant, émergence de classes moyennes, fort développement des nouvelles technologies, tous ces éléments renforcent l’attention des citoyens sur les processus électoraux.
Dans ce contexte, l’Afrique reste la priorité de l’aide au développement française, et notamment les pays les moins avancés. Ainsi, 20 Mds€ de financements seront destinés à l’Afrique sur la période 2014-2018.

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S’agissant de notre relation avec le Rwanda, nous la souhaitons, comme avec les autres pays africains, constructive et tournée vers l’avenir.
Par le biais des financements multilatéraux, la France est un partenaire de développement d’envergure du Rwanda : ainsi est-elle le 2ème contributeur au Fonds européen de développement et le 2ème contributeur au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, institutions dont le Rwanda est un important bénéficiaire.

L’Institut français du Rwanda, même s’il ne dispose plus aujourd’hui de son centre culturel, demeure un opérateur culturel reconnu dans le pays. Il poursuit également ses activités de développement de la langue française dans le contexte multilingue du Rwanda, un contexte exigeant, certes, mais porteur d’avenir pour un pays qui se situe exactement à la frontière entre la sphère francophone et la sphère anglophone de la région. De son côté, la Coopération française soutient, entre autres, différentes universités et écoles rwandaises dans le domaine de l’enseignement de la langue française, ainsi que les institutions rwandaises en charge de l’agro-alimentaire et du tourisme, deux secteurs particulièrement importants pour le développement économique du Rwanda.

Mais la France est également présente au travers des nombreuses ONG françaises, certaines depuis fort longtemps : je pense en particulier à la ville de Castres, dans le sud-ouest de la France (le pays du cassoulet !) qui célèbre, en 2016, 30 années de partenariat avec la ville de Huyé ; l’ONG L’Appel qui coopère avec la ville de Nyumba depuis 22 ans ; l’ONG « Par la Main » qui travaille également depuis 22 ans avec l’ONG rwandaise Umuseke dans le très important domaine de la réconciliation et de la psychologie sociale ; l’ONG Mécénat Chirurgie Cardiaque qui va prendre en charge dans des hôpitaux parisiens les opérations de chirurgie cardiaque de jeunes enfants rwandais ; Infirmières sans Frontière, Frères des Hommes, et d’autres encore. Elles sont trop nombreuses pour que je les cite toutes ce soir, mais je veux leur rendre hommage pour leur formidable engagement au Rwanda.

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Je parlais à l’instant de nos ONG, je souhaiterais aussi évoquer les entreprises françaises opérant au Rwanda. Elles ne sont pas encore très nombreuses mais une des principales tâches de notre ambassade est justement de promouvoir le marché rwandais auprès des entreprises françaises et des organisations patronales spécialisées dans l’export. Au Rwanda, à côté d’entreprises d’envergure internationale, telles que Bolloré ou AGS, on trouve également des sociétés de taille plus modeste qui interviennent dans différents secteurs de l’économie rwandaise : équipement industriel et mécanique, architecture, télécommunications, audiovisuel, mines, restauration, agro-alimentaire.

Ces entreprises, dans leur diversité, sont le reflet du dynamisme industriel et économique de la France, de son potentiel d’innovation, et bien sûr de sa vitalité culturelle et artistique. Il vous a été remis, à votre arrivée, un dépliant édité à l’occasion du lancement de la campagne internationale « Créative France » destinée à promouvoir l’attractivité de la France dans le monde. Cette campagne sera présentée dans quelques 150 salons internationaux d’ici l’année prochaine et sera relayée par l’ensemble de nos ambassades. Le dépliant rappelle quelques chiffres-clés sur la France, s’agissant de l’économie, de l’éducation ou du rayonnement culturel et scientifique.

Aujourd’hui, des milliers de PME et de start-up françaises sont à l’avant-garde de l’innovation technologique et inventent au quotidien les produits, les services et les solutions du monde de demain. Elles continuent à faire de la France une terre d’innovation et à exporter ce patrimoine national sur tous les continents. Les observateurs internationaux ne s’y trompent pas : à leurs yeux, la France est le pays leader en matière de créativité. C’est pour nous une belle reconnaissance et une vraie source de fierté. Mais c’est aussi un encouragement à faire mieux encore et à redoubler d’efforts pour construire l’environnement le plus propice au plein développement du potentiel des créateurs d’aujourd’hui et à l’éclosion de ceux de demain.

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Avant de conclure, je souhaiterais adresser mes remerciements à notre partenaire BRALIRWA pour son soutien précieux, ainsi qu’aux équipes de l’ambassade et de l’Institut français pour leur participation active au succès de cette réception.
Je voudrais également saluer deux collègues de l’ambassade qui terminent cet été leur affectation et vont bientôt rejoindre de nouveaux horizons : il s’agit de notre Consul, Alain Maestroni, et de notre collègue Françoise Barjot, qui est en charge de la communauté française. Soyez tous deux remerciés pour le remarquable travail effectué durant ces années et tous mes vœux pour la suite de votre carrière.

Je vous propose de porter maintenant un toast à la santé et à la prospérité du peuple rwandais et du peuple français et à l’Union africaine.

publié le 15/07/2016

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