CLIMAT – Visite terrain de l’atelier de formation des négociatrices africaines francophones pour le climat : un exemple concret de l’engagement du Rwanda en faveur du climat

Les négociatrices africaines francophones en formation ont visité le 16 octobre un projet financé par le Fond vert rwandais (FONERWA) dans la région de Bugesera. Après deux jours de cours théoriques et de simulation de négociation, ce fut l’occasion d’observer une action concrète en faveur du climat.

Un exemple adaptation au changement climatique.

« En 2005, cette région a été dévastée par la sécheresse. (…) La famine a fait des morts et cette région est devenue un désert, tout le monde est parti. » Difficile d’imaginer cette situation décrite par une membre d’ARCOS, l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) en charge de coordonner le projet « Coopérer pour améliorer les moyens de subsistance et la durabilité environnementale », financé par le Fond vert rwandais (FONERWA). Les collines sont verdoyantes et les terres semblent fertiles. Les bénéficiaires expliquent le déroulé du projet, commencé en 2015, lorsqu’ARCOS a remporté un appel à projet lancé par le FONERWA.

Un projet qui contribue au développement rurale durable.

Avant le projet, les habitants du village ne savaient pas que la conservation de leur environnement pouvait leur être bénéfique monétairement. Ainsi, les cultures agricoles étaient installées dans les marécages en contrebas de la colline, zone pourtant interdite par les autorités.
ARCOS a contribué au renforcement de leurs capacités notamment en matière d’organisation en coopératives : des comités de gestion et d’audit ont par exemple été mis en place, avec à leur tête trois femmes et cinq hommes. Cela a permis un réel transfert de connaissances : aujourd’hui, tous les habitants connaissent l’intérêt de protéger la nature.
Un ensemble de mesures ont été mises en place pour garantir un rendement agricole sur la colline, et non plus en zone marécageuse comme dans le passé. En effet, pour des raisons écologiques, les cultures ne sont pas autorisées dans ces zones inondables.

  • Du bétail a été distribué : sur les 56 personnes ayant reçu un porc, 37 sont des femmes. Cela permet entre autre d’obtenir de l’engrais. En complément, du microcrédit a été rendu accessible pour les membres de la coopérative souhaitant acquérir davantage de bétail.
  • Des pompes alimentées en énergie solaire permettent d’irriguer la colline à partir de l’eau des marécages.
  • Une pépinière, dotée d’arbres fruitiers limitant l’érosion, a été installée proche des marécages. Cela représente déjà une source de revenus pour la coopérative, car les arbres sont revendus sur le marché.

Les participantes de l’atelier de formation des négociatrices francophones pour le climat, cofinancé par la France et le Canada, en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, ont ainsi observé cet exemple de résilience, dans l’échange avec les habitants du village.

publié le 20/10/2019

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